EN QUOI CONSISTE LE REPOS DE DIEU ?

QUAND LE 7eme JOUR A-T-IL RÉELEMENT DEBUTÉ ?

QUELLE EST CETTE NOUVELLE CRÉATION QUI DEBUTA LE 7EME JOUR?

   

Il existe aujourd’hui une agitation croissante dans le monde chrétien : certains annoncent la fin des temps en s’appuyant sur une chronologie de six jours qui se serait achevée avec la création du premier homme et de la première femme, voire de quelques animaux présentés à Adam. Une telle lecture pose cependant question : ne revient-elle pas, en réalité, à vouloir précipiter le dessein de Dieu, en présumant de la proximité de son intervention ?

Le texte qui suit a pour objectif de revisiter la chronologie biblique adoptée par certains, laquelle marquerait, selon eux, le début du septième jour. Afin de mieux comprendre le sens des termes « soir » et « matin » dans le Livre de la Genèse, nous analyserons le texte pour tenter de déterminer à quel moment commence le septième jour de Dieu. Cette lecture ne prétend pas remplacer les interprétations classiques, mais propose une grille de lecture complémentaire centrée sur la dynamique spirituelle du texte.

Dans le récit de la création, notamment au chapitre 1, chaque jour est rythmé par une formule répétée : « Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le [nième] jour. » Dans cette logique, la « fin du jour » correspond à l’accomplissement d’une étape de la création. Selon certains, le fait que le texte mentionne « soir puis matin » est cohérent avec la tradition juive, où le jour commence au coucher du soleil ; cette interprétation est aujourd’hui dominante.

Cependant, certaines observations et incohérences dans cette explication suggèrent que cette lecture pourrait être incomplète. Le présent texte propose donc une approche alternative, visant à examiner plus précisément l’expression qui détermine le commencement de chaque jour de la création. Cette perspective cherche à apporter un éclairage complémentaire, dans le but d’ouvrir une réflexion et d’examiner dans quelle mesure elle peut enrichir notre compréhension.

Avant de poursuivre, il convient de préciser clairement que, du point de vue scientifique, la Terre est âgée de plusieurs milliards d’années. Par ailleurs, la Bible n’affirme jamais que la Terre aurait seulement quelques jours ou quelques milliers d’années. Ce point étant posé, nous pouvons aborder la création mentionnée dans ce livre et chercher à définir ce qui marque le début d’un jour. La question de la durée, qui pourrait s’étendre sur plusieurs milliers d’années, ne sera pas traitée dans l’immédiat.

Le premier verset du Livre de la Genèse — « Bereshit », « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » — est suivi de la description d’un état initial de la Terre. Il est important de remarquer que la notion de temps n’y est pas explicitement évoquée ; seule la présence de Dieu au-dessus de l’abîme est mentionnée. Le texte ne décrit pas un déroulement temporel, mais un état : une étendue chaotique d’eaux primordiales recouvrant la Terre, plongée dans l’obscurité.

On peut en déduire que l’atmosphère est sombre, probablement chargée de matières, et que la surface terrestre n’est pas encore éclairée ni réchauffée par le soleil. Dans ce contexte, après une phase d’instabilité — que l’on peut associer à une activité intense — une transition semble s’amorcer : quelque chose de nouveau est sur le point de se produire.

Nous sommes donc à un moment de l’histoire de la Terre. Cela signifie que ce premier verset — et, plus largement, le premier chapitre — peut être compris comme une entrée dans « l’histoire de la Terre » au sein des cieux, et non comme une description de « l’histoire des cieux » eux-mêmes. Autrement dit, le récit se concentre sur les événements qui vont se dérouler sur la Terre.

C’est alors que débute le processus de création tel que décrit dans le texte : une série de transformations majeures, organisées en cycles successifs, chacun étant désigné comme un jour. C’est ici qu’il faut être particulièrement attentif à l’expression :« Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le nième jour. »

Remarquons bien l’ordre — il est essentiel : un soir, puis un matin. Dès lors, une question s’impose : qu’est-ce qui marque réellement le début d’un jour ? Le texte suggère qu’il s’agit d’une nouvelle création. Cette idée est fondamentale et mérite d’être saisie avec précision.

En effet, que fait Dieu avant que n’apparaisse la mention « il y eut un soir » ? Il accomplit une œuvre nouvelle. Le « soir » ne marque donc pas un commencement, mais l’achèvement d’une action créatrice. Ainsi, la notion de « soir et matin » ne renvoie pas directement à un cycle lumineux (jour/nuit), mais à une dynamique d’activité, à savoir l’initiation et l’accomplissement d’une œuvre.

Le texte évoque ensuite une séparation des eaux ; puis vient la mention du soir : il s’agit là encore d’une nouvelle création. Celle-ci se conclut par l’expression « deuxième jour ». Il en va de même jusqu’au sixième jour : chacun est marqué par l’apparition d’une forme nouvelle de création, suivie de son accomplissement.

En résumé, un jour nouveau est indissociable d’une œuvre nouvelle. Cette œuvre peut, durant un temps, coexister avec celles des jours précédents, mais c’est bien l’apparition d’une création nouvelle qui en marque le commencement.

C’est sur cette base que nous pouvons maintenant aborder la question du septième jour.Dès lors, à quel événement les chrétiens associent-ils le début de ce septième jour ?

Dans la lecture chrétienne du récit en Genèse (2:2-3), le « septième jour » correspond au moment où Dieu achève son œuvre créatrice et entre dans le repos (shabbat en hébreu) : « Dieu acheva au septième jour son œuvre qu’il avait faite, et il se reposa… »

Selon cette compréhension, le septième jour marque la fin de l’activité créatrice au terme des six « jours » précédents. En résumé, pour les chrétiens, le début du septième jour correspond au moment où Dieu cesse de créer après avoir tout organisé, inaugurant ainsi un temps mis à part, sanctifié.

Cependant, si l’on suit rigoureusement ce raisonnement, il devient difficile de le concilier avec ce qui a été établi précédemment, à savoir qu’un jour nouveau est marqué par l’apparition d’une création nouvelle. Or, dans cette perspective, le septième jour ne semble pas introduire une œuvre nouvelle, mais plutôt une cessation d’activité.

Il convient donc de préciser que ce texte ne doit pas être compris dans un sens strictement physique, mais dans une dimension spirituelle. En effet, Dieu n’a pas besoin de se reposer au sens humain du terme. D’ailleurs, comme l’affirme Jésus dans l’Évangile selon Jean (5:17) : « Mon Père agit jusqu’à présent ; moi aussi, j’agis », ce qui confère au septième jour une portée spirituelle plus profonde que celle d’un simple arrêt de l’activité.

Puisque Dieu sanctifie le septième jour, il convient de s’interroger sur la nature de cette dimension spirituelle. Le septième jour n’est-il pas, dans le Décalogue, un temps consacré au repos et à la relation avec Dieu ? Dès lors, peut-on envisager que ce jour trouve son sens dans une réalité spirituelle plutôt que dans un simple repos matériel ?

Enfin, Adam, en introduisant le péché dans l’humanité — et, par conséquent, la mort —, peut-il être compris comme marquant une rupture qui affecte cette dimension spirituelle ? Cette question mérite d’être posée, car elle engage directement la compréhension du rôle et de la portée du septième jour.

Poursuivons l’analyse.

Selon ce que nous avons établi, un jour nouveau est marqué par l’apparition d’une création nouvelle. Or, il est clair que les jours précédents, dans le Livre de la Genèse, se rapportent à des réalités matérielles et physiques. Si la logique des six jours est maintenue, alors il devient légitime de se demander si le septième jour n’introduit pas, lui aussi, une forme de création — non plus matérielle, mais spirituelle. Dès lors, si le septième jour correspond au repos de Dieu où l’activité physique et matérielle a cessé, il doit, par cohérence, être marqué lui aussi par une création nouvelle — mais d’ordre spirituel.

Reste alors à en identifier la nature : quelle est cette création ?

C’est notre Seigneur Jésus-Christ lui-même qui introduit cette perspective lorsqu’il évoque un commencement et la fondation du monde. Mais de quel « monde » s’agit-il exactement ? Dans l’Évangile selon Luc (11:50), Jésus parle d’une réalité qui dépasse la simple création matérielle. Si Abel est mentionné comme point de départ de la fondation du monde, c’est qu’il représente la première manifestation d’une humanité reconnue par Dieu sur un plan spirituel. Ce qui était attendu de Dieu.

Dans cette perspective, le septième jour ne marquerait pas simplement un arrêt, mais le début d’une création conforme au dessein profond de Dieu : la formation d’une humanité spirituelle, dans le cadre du repos spirituel divin. Ce qui est conforme aux textes suivants : « Ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle création » (Galates 6:15).
« Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5:17)

La clé de lecture est donc la notion de « nouvelle création ». C’est précisément ce que l’on observe à chaque jour dans le récit de la Genèse : une œuvre nouvelle qui inaugure un jour nouveau et qui s’achève avec l’introduction de la création suivante.

POUR RÉSUMER

Que faites-vous après avoir préparé un jardin, semé et planté ? Vous attendez, n’est-ce pas ? Et pourquoi attendez-vous ? N’est-ce pas pour voir le fruit de votre travail ? Vous attendez d’en observer le résultat ; votre activité entre alors dans une forme de repos.

Ainsi, le repos de Dieu peut être compris comme le temps durant lequel Il contemple le résultat de son œuvre.

À présent, considérons un point essentiel : chaque jour nouveau, dans le Livre de la Genèse, commence par une création d’un type nouveau. Dès lors, pourquoi le septième jour ne serait-il pas, lui aussi, marqué par une création nouvelle — mais cette fois d’ordre spirituel ? Cette dimension spirituelle s’impose d’autant plus que le chiffre sept y est associé, et que le sabbat, dans le Décalogue, est un jour consacré à des activités spirituelles.

Ainsi, la création nouvelle qui marquerait le début du septième jour peut être comprise comme celle d’une humanité spirituelle. Dans cette perspective, elle commencerait avec Abel et correspondrait au résultat attendu par Dieu.

Jésus lui-même semble aller dans ce sens lorsque, dans l’Évangile selon Luc (11:50-51), il situe une forme de « fondation du monde » à partir d’Abel.

Le repos de Dieu apparaît alors non comme une inactivité, mais comme l’attente du fruit d’une œuvre accomplie au cours de six jours symboliques.

Vous pouvez ainsi situer le commencement du septième jour : il débute au moment où Dieu approuve Abel en raison de sa dimension spirituelle. Le sacrifice d’Abel porte d’ailleurs une symbolique particulièrement forte.

Dès lors, si le septième jour commence avec cette approbation, il devient possible de réfléchir à notre position actuelle dans ce que l’on pourrait appeler le « calendrier de Dieu ».



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